Ce matin, un matin comme les autres en Chine. Ou presque. J’arrive tranquillement au bureau, quand un homme fait mine de me tirer dessus a plusieurs reprises. Je le fixe mais il continue. Un détraqué certainement, cet homme n’a plus toute sa raison. Pourtant, il a l’air en bonne santé mentale, il n’a pas l’oeil du dément, c’est étrange.
La réponse, je pense l’avoir dans la soirée: les émeutes du Xinjiang. Quelques jours plus tôt, a Shaoguan dans le Guangdong, des milliers d’ouvriers Han s’attaquent a des ouvriers Ouïghours car certains d’entre eux auraient viole une de leur camarade Han (accusation apparemment fausse). Bilan, 2 morts et des dizaines de blesses, la goutte qui fait déborder un vase deja bien plein. Ensuite, on ne sait pas exactement qu’est-ce qui provoque quoi, mais tout cela débouche sur la fameuse flambée de violence d’hier soir a Urumqi, qui a fait 140 morts et environ 800 blesses.
Et les responsables, c’est l’etranger, c’est un peu comme la mondialisation ou le systeme financier, on sait pas trop ce que c’est mais on peut lui mettre plein de trucs sur le dos. Le message du gouvernement pourrait se resumer a ceci: “des forces de l’etranger ont pousse les ouighours, qui nagent pourtant dans le bonheur, a se rebiffer contre la Chine unie et indivisible”, le tout sur fond d’image de violences insoutenables. Sauf que voila, pour un esprit simple qui ne sait pas lire entre les lignes, l’effet est radical.