05 Mar

Investir dans les catastrophes en 2017

Alors, un grand classique de l’investissement dans la valeur, c’est l’investissement dans les catastrophes, comprenez les entreprises qui ont des difficultés passagères mais qui devraient relever la tête… Normalement… Si tout se passe bien… Peut-être le trimestre ou l’année prochaine… Mais tu vas remonter, saloperie !!!

Nous allons commencer avec la pharmacie. Qu’avons-nous eu à nous mettre sous la dent en cette fin 2016 / début 2017 ?

Gilead Nous commençons avec une entreprise sur laquelle j’ai mis un peu d’argent sur les 65 – 66 USD. Premier point intéressant, nous touchons le plus bas à 2 ans. Et j’aime bien les plus bas à deux ans (Horreur ! De l’analyse graphique ! Marcel, sors la chevrotine, y a un mec qui fait de l’AT !). Plus que les plus bas à 1 an en tout cas. A 1 an, les gens restent, en général, accrochés à leurs espoirs ; à deux ans, ça commence à faire long et les « Mais tu vas remonter, saloperie » commencent à fuser. Comment ça, ça sent le vécu ? La thèse ? Quelle thèse ? Il faut une thèse en plus ? Alors, oui, le CA va baisser fortement, mais bon, c’est pas cher et le management a un excellent track record en matière d’acquisitions. Donc voilà. C’est tout. J’aimerais avoir un truc intelligent à dire sur les franchises dans le sida et les maladies du foie, mais je vais m’abstenir et fermer ma gueule. D’autres feraient bien de faire pareil.

Tiens, d’ailleurs, en parlant de fermer sa gueule, continuons avec Valeant. Alors ici, on touche toujours un peu plus le fond chaque trimestre, et il y en a toujours un pour s’exclamer : « Cette fois-ci, c’etait le fond du fond, je révise un peu mon objectif de cours de 52 à 30 USD et ça nous fait quand même un potentiel de x 2. » Dans ce camp, il y a ce cher Pr Damodoran, le pape du discounted cash flow, qui semble discounter toujours un peu plus Valeant et baisse un peu plus ses objectifs à chaque valorisation. Ici, la remarque de Keynes sur le « être vaguement dans le juste, plutôt que précis dans l’erreur » semble, encore une fois, s’appliquer. Une autre, des Nuls cette fois-ci, semble également fort à propos:  « Nous avions promis de nous arrêter de nous moquer de Régis, mais Régis lui, continue ». On a les références qu’on peut. Les dangers sont pourtant connus, une dette massive et un président qui souhaite s’attaquer au prix des médicaments. Un cocktail qui peut faire mal. Ou pas (oui, Régis pourrait avoir raison un jour). Dans le doute, on va faire autre chose avec notre argent. Comme investir dans un bilboquet, ce sera plus productif.

Perrigo : soit le « petit » Valeant, dont l’ancien CEO, Papa, est devenu CEO de Valeant. Amusant, non ? Meme topo que Valeant : « Ptêt que ça va monter, mais ptêt pas. » Bref, dans le doute, je m’abstiens. Bilboquet. Mmm, ca fait deux bilboquets, il ne faut pas abuser des bonnes choses. Un jeu du nain jaune alors.

Enfin, nous avons Novo Nordisk, un des laboratoires spécialiste du diabète. Ce doit être, avec Interactive Brokers et VF Corp, une des sociétés les plus chères que j’ai en portefeuille (mon sous-portefeuille « snob »). Achetée a un P/E autour de 15. C’est cher, oui mais. Tout d’abord, comme Gilead, nous avons une société qui a vu son cours multiplié par plus de 100 depuis les années 80/90 (je vous laisse vérifier). Donc, pas des manchots. Ensuite, le P/E est soutenu par des flux de trésorerie bien réels qui sont redistribués aux actionnaires, par le biais de dividendes et de rachats d’actions (qui n’ont de valeur que si…. blah blah.. cf la lettre de Qui-Vous-Savez dans son rapport annuel). Quasiment pas de dettes, nous sommes tranquilles de ce coté la. Bref, à part si les gens arrêtent de manger des saloperies toute la journée, normalement on est tranquilles, nous devrions avoir notre lot de diabétiques. Alors, oui, je sais, pour beaucoup ce n’est pas de leur faute, mais force est de constater que pour la majorité des cas de diabète, la bouffe de merde est quand même un peu responsable, non ? Entre le « ne pas stigmatiser les obèses » (cf le rapport de Novo Nordisk, qui se tient, bien sur en bon défenseur de ses fidèles consommateurs), et reconnaitre qu’il y a peut-être quelque chose à faire au niveau de la nutrition, il n’y a pas un fossé énorme. Il me semble même que les deux idées sont compatibles. Mais il est plus facile de déresponsabiliser les gens (qui sont eux aussi responsables de leur déresponsabilisation), et de les rassurer : « les régimes, c’est trop dur », « on a déja tout essayé », etc. Le monde est ainsi, je ne vais pas le changer, et le business de Novo Nordisk a encore de beaux jours devant lui. En bon cynique, je prends une ligne.

Sinon, toujours dans la pharmacie, je m’amuse bien avec Genfit en tout tout fond de portefeuille. Sera rachetée ? Sera pas rachetée ? Je rentre et sors au gré du vent. Pas de quoi être fier. Allez, 10 « Je vous salue Warren », et ce sera pardonné.

Voilà, voilà, pour ce premier petit tour d’horizon 2017 que j’espère continuer dans les semaines qui viennent, avec la partie non pharmaceutique. Vous l’aurez compris, je suis actionnaire de Gilead, VF Corp, Interactive Brokers et Novo Nordisk, en plus d’être l’heureux propriétaire d’un bilboquet et d’un jeu du nain jaune. Prochain objectif, un diabolo. Elle est pas belle la vie ? Après, bien sûr, cela n’engage que moi, et vos conneries n’engagent que vous.

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