04 Août

Les 16 règles de l’investissement selon Walter Schloss

Aujourd’hui, voici les 16 principes de base pour investir à la façon Schloss, méthode qui peut toujours aider à ne pas trop perdre, surtout lorsque l’on commence. En tout cas, ces règles m’ont bien aidé, en voici une traduction, par votre humble serviteur.

Facteurs à considérer pour gagner de l’argent sur les marchés d’actions:

  • Le prix est le facteur le plus important a considérer, en relation avec la valeur
  • Essayez d’établir la valeur de l’entreprise. Rappelez- vous qu’une action est une part d’entreprise et pas seulement un morceau de papier.
  • Utilisez la valeur comptable de l’entreprise comme point de départ puis essayez d’en établir la valeur. Vérifiez que la valeur de la dette ne dépasse pas celle des fonds propres.
  • Ayez de la patience. Le prix des actions ne montent pas immédiatement.
  • N’achetez pas sur une rumeur ou pour un gain rapide. Laissez les professionnels faire cela s’ils le peuvent. Ne vendez pas sur une mauvaise nouvelle.
  • N’ayez pas peur d’être un solitaire, mais assurez-vous que votre opinion est exacte. Bien sur, vous ne pouvez pas en être sur à 100%, mais essayez d’en identifier les faiblesses. Achetez lorsque le cours descend et vendez pendant la remontée.
  • Ayez le courage de vos convictions une fois votre décision prise.
  • Ayez une philosophie d’investissement et essayez de vous y tenir. J’ai constaté que c’est une méthode qui mène au succès.
  • Ne soyez pas trop impatient de vendre. Si l’action atteint un prix que vous pensez juste, alors vous pouvez vendre, mais pas forcement parce qu’elle a pris 50%. Essayez de réévaluer la valeur de de l’entreprise par rapport à la valeur comptable. Renseignez-vous également sur les indices de marché action: les dividendes sont-ils bas et les P/E hauts ? Les indices sont-ils a des plus hauts historiques ? Les gens sont-ils optimistes ?
  • Quand j’achète une action, je trouve utile d’acheter sur les plus bas de ces dernières années. Vous pouvez penser qu’une action est une bonne affaire car elle est montée à 125 pour redescendre à 60. Mais si elle était à 20 trois ans auparavant, elle est vulnérable.
  • Essayez d’acheter des actifs décotés plutôt que des résultats. Les résultats peuvent varier énormément en peu de temps. Les actifs changent plus lentement. Ceux qui investissent pour le résultat doivent en savoir plus sur l’entreprise.
  • Écoutez les suggestions de personnes que vous respectez. Cela ne veut pas dire que vous devez les accepter. Rappelez-vous que que c’est de votre argent qu’il s’agit et qu’il est plus difficile de garder de l’argent que de le gagner. Si vous perdez beaucoup d’argent, il est difficile de le regagner.
  • Essayez de ne pas laisser vos émotions affecter votre jugement. La peur et l’appât du gain sont probablement les pires émotions à avoir quand il s’agit d’acheter et de vendre des actions.
  • Souvenez-vous de comment fonctionnent les intérêts composés. Par exemple, si vous pouvez gagner 12% et réinvestir cet argent, vous doublerez votre capital en 6 ans, taxes non comprises. Souvenez-vous de la règle des 72. Divisez 72 par votre taux de retour sur investissement pour obtenir le nombre d’années qu’il faut pour doubler votre investissement.
  • Préférez les actions aux obligations. Les obligations limiteront vos gains et l’inflation diminuera votre pouvoir d’achat.
  • Faites attention a l’endettement. Cela peut se retourner contre vous

Source : Walter-Schloss-Investing-Lessons

Une interview intéressante de Barron’s: Walter Schloss – The Right Stuff – Barrons – 02-25-85

Une pensée sur “Les 16 règles de l’investissement selon Walter Schloss

  1. Bonjour Laurent,

    J’applique déjà certaines de ces règles. J’ai notamment tendance à me laisser influencer par les décisions d’investissement des personnes que je respecte. En effet, j’ai pour l’instant l’impression de mieux évaluer les hommes que les entreprises 🙂

    Pouvez-vous me confirmer un point ? Quand Schloss dit privilégier les actifs décotés aux résultats. Cela revient à évaluer l’entreprise et constater qu’il y a une décote qui constituera la marge de sécurité.
    Mais si cette dernière est satisfaisante, vous regardez aussi où va l’entreprise c-à-d quels sont ses perspectives de résultats ? Car les résultats feront sa valeur.
    Pour l’anecdote, « on » dit souvent que la bourse anticipe le futur. Or l’investissement value ne s’attarde que sur le passé et le présent. Ceci a de quoi décontenancer.

    • Il y a toujours une part de futur dans l’exercice de valorisation, même sur une liquidation, vous faites le pari d’une liquidation future qui n’est pas forcément acquise, une valorisation se base toujours au moins en partie sur le futur. D’où la difficulté de l’exercice et les désaccords qui peuvent en découler, même sur des cas à priori simples. Ils ne le sont jamais.

      La question de Schloss, il aimait bien évaluer le bilan de l’entreprise, il parle de décote sur les actifs au bilan (en gros, on regarde actifs – dettes et on regarde ce qu’il reste à l’actionnaire, le dernier servi en cas de liquidation). Quand vous valorisez une société, vous pouvez le faire par le compte de résultat, le bilan et la trésorerie. Lui préférait le bilan, car plus stable que les autres éléments. Ce en quoi il n’a pas tort car le bilan représente en quelque sorte tout le passé accumulé de l’entreprise. Il est plus stable que le résultat ou la trésorerie qui peuvent varier plus à l’avenir. Après, si vous payez le futur pas cher, pourquoi pas?

      En fait, s’il faut travailler sur une de ces règles, je dirais que la première est la plus importante. Valeur et prix et surtout ne pas payer trop cher, erreur que je fais encore très souvent. C’est certainement la valeur commune à tous les investisseurs qui réussissent je pense.

  2. Merci pour cette hommage à l’un des plus grands (il faisait près de 2m ;)) investisseurs du siècle dernier.
    J’admire cet homme pour ce qu’il a fait (15% pendant 45 ans, c’est quand même peu commun !) et surtout pour la manière dont il l’a fait (humilité, simplicité, frugalité).

    D’un point de vue analyse, la manière dont il est investi est ce qu’il y a de plus simple, amha. Il plus facilement « copiable » qu’un Lynch ou un Buffett, que je trouve inclassables.

    Mais cette manière d’investir est difficile psychologiquement car on investit souvent dans des entreprises pourries et des secteurs pourris et, ça, peu de personnes sont capables de le faire…et tant mieux pour eux.

    • Schloss sur le plan personnel me plait plus qu’un Buffett que je qualifierais de jusqu’au-boutiste: horaires de bureaux calés, investissement en famille, c’est plus reposant que Lynch ou Buffett, c’est certain! Et je suis entièrement d’accord, c’est la meilleure méthode pour débuter, pas forcément la plus grisante sur le long terme; c’est d’ailleurs assez extraordinaire qu’il n’ait pas dévié en 45 ans…

  3. À tous,

    Analyser une entreprise par son bilan revient à prendre en compte les actifs en stock financés par les passifs, FP et dettes. Les stocks d’actifs compris se déprécient très vite en cas de faillite. Seule leur rentabilité a une valeur. Tous ces éléments forment le patrimoine de l’entreprise plus statique et plus formelle que les flux. Les flux de trésorerie sont la mesure de la création de richesse de l’entreprise. Or, les flux proviennent du compte de résultats. À présent, les investisseurs anticipent les cash flows futurs pour évaluer l’entreprise ! C’est la méthode DCF utilisée par WB et Charly Munger et 75% des opérateurs financiers. Les prêteurs sont encore attachés au patrimoine qui représente un gage. ( ratio/dette/FP)
    La notion de prix représente le cours défini quasi exclusivement par le marché coté. La valeur est définie par la création de richesse estimée à LT. On compare le prix à la valeur. Si, le prix est supérieur à la valeur, l’entreprise est surévaluée. Si, le prix est inférieur à la valeur, l’entreprise est sous évaluée. Le marché peut surévaluer un titre. CGG à 23 euros était surévalué. CGG à 7 euros peut encore être surévalué. Si, la valeur intrinsèque de CGG est 3 euros. Coté à 1 euro, CGG serait sous évalué. D’où l’importance de bien évaluer un titre ! Mesurer les cash flows futurs anticipés pour évaluer l’entreprise, puis, comparer au prix proposé par le marché ( monsieur le marché pour Benjamin Graham) et ensuite prendre sa décision d’intervenir ou pas.

    • Bonjour Christian,

      je comprends tout à fait les éléments que vous avancez mais je ne suis qu’en partie d’accord.

      * Tout d’abord je connais beaucoup d’entreprises ayant des actifs cachés, qui ont donc de la valeur. Certains sont parfois tout à fait indétectables par le commun des mortels dans les états financiers.
      Certes cette valeur sera plus moins importante et plus ou moins révélée aux yeux de Mr le Marché si l’actif sous-jacent est rentable.

      * Prenons l’exemple de 2 entreprises qui créent autant de richesse l’une que l’autre dans les années à venir.
      L’entreprise A possède des terrains dans Paris et 100M€ en cash en banque
      L’entreprise B possède des terrains au fin fond de la Creuse et 100M€ de dettes.

      Quelles est l’entreprise qui a plus grande Valeur Intrinsèque ?

      Pour moi la valeur correspond au patrimoine actuel de la société + la richesse qu’elle va créée dans les années à venir.
      La patrimoine actuel n’étant que la résultante des flux passés…puisque les flux proviennent du compte de résultat comme vous l’avez dit…mais finissent dans le bilan.

      * Il y a une différence fondamentale entre évaluer la capacité bénéficiaire (i.e la génération de cash-flow) sur la base d’un historique tangible, sur une normalisation éventuelle de l’activité, sur une période particulière d’un cycle…ce que font la plupart des grands investisseurs value que je connais et la théorie du DCF qui est pour moi trop approximative et incertaine (il y a trop de paramètres fluctuant et qui peuvent considérablement faire varier la valeur de l’entreprise).
      Certes le passé n’est pas reproductible mais le futur l’est encore moins…

      Je ne sais pas si 75% des opérateurs financiers utilisent du DCF mais ceux qui utilisent principalement le bilan comme base de travail ont des résultats époustouflants et sur plusieurs décennies…:
      – Schloss bien sûr
      – Peter Cundill
      – Martin Whitman
      – Warren Buffett…jeune. Il a commencé sa carrière comme cela et a réalisé ses meilleurs performances à cette époque (30% annualisés).

      Je ne suis pas certain que les Lynch, Greenblatt ou Berkowitz fasse du DCF…mais sans doute sont-ils dans les 25%…

      Quant à Buffett, sa façon d’investir est non-reproductible inimitable. Certes Lui et Munger définissent la valeur d’une affaire comme la somme actualisée des cash-flows qu’elle produira. Mais, pour avoir lu toutes les lettres aux investisseurs de Berkshire, la situation me semble bien plus complexe qu’il n’y paraît et surtout bien plus complexe que ce que l’on peut lire habituellement sur le sage d’Omaha.
      Buffett n’explique jamais avec précision comment il valorise une entreprise. Cela reste un peu mystérieux, énigmatique. Cela entretient un peu le mythe…

      * Je suis tout à fait d’accord avec vous, la notion centrale reste tout de même le prix que l’on est prêt à payer en fonction de notre estimé de valeur, c’est à dire la marge de sécurité.

  4. Étienne,

    « On investit souvent dans des entreprises pourries… » Nous dit Étienne.

    Si, je peux me mettre…

    Il est assez simple d’éviter ce genre de situation. Avec un minimum d’attention aux chiffres présentés dans les publications trimestrielles des entreprises convoitées, il est possible d’éviter cet écueil. Il faut en premier lieu bien lire les chiffres du cycle de production. 2 chiffres suffisent : le chiffre d’affaires moins les charges de production, on sait tout de suite de combien est le résultat de production. Cette différence créé du vrai argent, que l’entreprise va utiliser au mieux. Ensuite, on déduit les investissements et les charges financières. À ce stade, on peut voir si l’entreprise gagne toujours de l’argent. On peut faire des calculs de marges par une simple division…
    Lire ces chiffres, sur plusieurs trimestres et années, progressent… On a peut être découvert une pépite… On peut encore affiner…
    Pour les puristes… Le calcul de la rentabilité des actifs, c’est pas mal non plus, mais, ça devient plus compliqué… Des actifs très rentables crées beaucoup de cash. Il diminue la demande d’emprunt et l’on constate dans ce cas peu de dette ou même pas du tout… La pépite devient réelle :-)) Maintenant, on peut regarder le cours, et comparer la valeur à laquelle on estime cette entreprise avec le prix demandé par le marché. On n’est pas loin de prendre sa décision, comme un grand, sans l’avis de personne….

    • Nous sommes d’accord, je pense d’ailleurs qu’Étienne essaye à présent d’éviter ce genre de situation, le mieux étant d’avoir une décote sur actif avec une entreprise qui gagne de l’argent, le lac et la rivière qui le remplit. Il voulait parler, je suppose, du style de Schloss qui lui ne se souciait aucunement de se faire enfermer dans une value trap. En étant diversifié, cela pose moins de problème, si Exacompta ou Esso composent 0,5% de votre portefeuille, vous pouvez les laisser dormir 10 ans sans trop de problèmes, s’ils en représentent 20, ce n’est plus la même histoire.

    • Je n’ai jamais dit que Schloss, et d’autres, cherchaient à éviter des entreprises ou des secteurs pourris, au contraire.
      Par « pourris », j’entends secteur en déclin, entreprise avec peu de marge de manœuvre, aucun pricing power, aucun avantage concurrentiel, peu de rentabilité, problème momentané, bas de cycle, pas à la mode, repoussant, etc…
      Il y a de nombreuses opportunités de faire de l’argent dans de telles situations.
      Et c’est principalement avec ce type de société que des Graham, Buffett jeune, Cundill, Schloss se sont enrichies.
      Et comme personne ne croit que cela fonctionne alors le terrain de chasse est vierge de concurrence.

      Je ne suis que partiellement d’accord avec ce que vous dites sur la dette. C’est même exactement le contraire de ce que fait avec merveille un Malone depuis plusieurs décennies. Il s’endette au maximum de ce qui est soutenable, pour diminuer son bénéfice imposable et ses entreprises réalisent de plantureux cash-flows.
      On observera le même mécanisme par une utilisation intelligente de la politique d’amortissement qui permet également de réduire le bénéfice imposable…alors que ce n’est pas une sorite réelle de cash.

      Buffett est celui qui utilise le plus le levier…les assurances ! Ce n’est pas vraiment une dette mais il sert quand même de l’argent des autres pour investir.
      Certaines années et dans certaines activités (GEICO notamment) le coût du flottant est même négatif ! Pas mal comme levier !

  5. Tous ces grands investisseurs cités font du stock picking, et mise plutôt sur un portefeuille concentré dans l’espoir de surperformer l’indice de référence. S&P pour WB. Si, Étienne ne sait pas faire une analyse financière, pour choisir la meilleure entreprise, il a un intérêt à prendre un tracker, ETF sur indice. Diversifier un portefeuille, c’est ne pas savoir choisir… L’idéal est de choisir la meilleure entreprise de son portefeuille. Pourquoi garder les mauvaises ou de moins bonnes ? Suivre les 3 meilleures actions n’est pas si facile… Comment suivre 20 ou 50 titres ? Dans tous les cas, il est préférable de choisir les 3 meilleures actions…

    • Pourquoi prendre un ETF si Schloss, même en prenant des valeurs pourries réussissait à faire du 15% par an, soit le double d’un tracker. La méthode semble plus efficace qu’un tracker, même si elle est peut ragoutante.

    • Je vous remercie de vos conseils mais je me débrouille pour faire mes analyses moi-même.

      Je suis d’accord avec vous sur la concentration du portefeuille. Tous les grands investisseurs que nous pouvons étudier et dont nous pouvons nous inspiréer, avaient, ou ont, des portefeuilles concentrés, battant le marché sur la durée : Buffett Jeune, Lou Simpson, Munger avant Berkshire, Phil Fischer, Bruce Berkowitz plus proche de nous….sauf Schloss et Lynch comme le dit justement Laurent.

      Son portefeuille était très diversifié car il se basait avant tout sur des éléments quantitatifs (actifs décotés) comme lui a enseigné son mentor Benjamin Graham qui le pratiquait avant lui et comme nos amis des daubasses le pratiquent également.
      D’ailleurs ceci vrai pour toutes les stratégies quantitatives (Greenblatt ou les travaux de O’Shaughnessy).
      Seule l’analyse qualitative permet de concentrer plus son portefeuille.

  6. Schloss fait du stock picking et possédait un portefeuille concentré, effectivement, les ETF ne sont pas faits pour lui. En effet, diversifier un portefeuille pose moins de problèmes de surveillance, comme le dit Laurent plus haut, ETF est l’occasion de pousser la diversification à son maximum.

    • Je pense que nous n’avons pas forcément la même définition de concentré, pour moi, Schloss et Graham étaient des gérants peu concentrés (groceries vs perfumes). Comme Lynch, qui même en étant stock picker pas forcément value avait tout de même 1300 actions en portefeuille (soit plus de 2 fois plus que le S&P 500). Tout dépend des ETF en fait, qui ne sont pas forcément plus dilués qu’un portefeuille.

    • Il n’a jamais écrit de livre, ce sont juste des notes et des articles. Elles trainent en pdf sur le web. J’ai rajouté 2 documents dans l’article.

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